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Faites retomber la pression grâce au rire

“C’est la crise alors nous allons faire une sieste” avait coutume de dire Winston Churchill. Soixante-dix ans plus tard, la formule n’a rien perdu de son efficacité. Quel meilleur gage de maturité chez un chef que la capacité d’affronter l’adversité avec le sourire? “Sérieux ne rime pas forcément avec ennuyeux, normatif, routinier”, s’exclame le coach Lionel Bellanger. Bien au contraire…

L’humour est d’abord un outil de séduction, une composante essentielle du charisme. Il rassure, permet de faire passer des messages en finesse, là où les discours formatés échouent. Et se révèle une excellente façon de désamorcer les tensions au sein des équipes.
Bon pour le boulot, l’humour est également bénéfique pour la sant: rire oxygène le cerveau et muscle les abodominaux. Alors plus question de s’en priver sur son lieu de travail? Si tout le monde ne pratique pas le même type d’humour, sachez que chacun peut en avoir. Voici comment en faire usage à bon escient. 

Restez naturel et sachez ménager vos effets

« En matière d’humour, on ne doit surtout pas forcer sa nature, prévient Olivier Ouzé, coach et animateurs d’ateliers de rire. Faire mouche implique qu’on soit le premier amusé par ses propos.” Pour détendre l’atmosphère, inutile de retenir des histoires drôles. D’autant qu’elles sont à l’origine de seulement 5% des accès d’hilarité, comme l’a découvert le très sérieux le chercheur américain Robert Provine, auteur de « Le Rire, sa vie, son œuvre » (Robert Laffont). En revanche, faire référence- quand les circonstances s’y prêtent-à des sketchs ou des films connus est un bon moyen de briser la glace avec des personnes que vous connaissez encore mal. Mas lorsqu’il s’agit de collaborateurs que vous voyez tous les jours, attention : les mêmes boutades trop souvent répétées finissent par lasser.
Tâchez plutôt de varier vos effets. Au bureau deux formes d’humour sont à privilégier lorsque l’on veut rester professionnel… dans la bonne humeur. La première c’est l’auto-dérision. Très appréciée des Anglo-Saxons, elle ne vise personne d’autres que vous même et donc ne blesse pas. Elle peut au contraire susciter de l’empathie. Lorsque Jeff Bezos, PDG de la libraire en ligne Amazon, a inauguré son site français, il n’a pas craint de lancer : « Au départ notre but était de créer une petite entreprise rentable. Au lieu de cela, on a créé une grande entreprise pas rentable du tout.» Gare cependant à ne pas vous dévaloriser! Il s’agit de gagner l’estime de vos collaborateurs, pas de fournir des armes contre vous.

Affirmez votre autorité avec le sourire

Relations tendues avec les clients, restrictions budgétaires, absences de perspective: les périodes difficiles pour l’entreprise engendrent souvent un sentiment de découragement. Rire reste un bon moyen d’évacuer ce stress. C’est le parti qu’a pris Gérald Rougerie, fondateur et associé de l’agence de communication et de design Wide, pourqui le moral des troupes importe en premier chef. “Nos clients, comme Orange, Total, Clarins ou Leclerc sont très exigeants. Quand un chef de projet se trouve face à eux, il subit une pression énorme. Pour le détendre, j’imite le ton des clients”. L’effet est immédiat. Il reconnaît qu’avoir pris des cours d’improvisation l’a aidé: il sait désormais filer une métaphore ou rebondir sur une situation. Chez Lenôtre, Patrick Scicard se régale de voir les cadres se lâcher. “Certains remportent un franc succès lorsqu’ils imitent les membres du comité de direction. Ces moments ludiques- où chacun en prend pour son grade dans la bonne humeur et sans vulgarité- soudent les équipes.”

Lorsqu’il s’agit de recadrer une attitude ou un comportement, l’humour aide aussi à faire passer un message. Lors d’un séminaire, Patricia Millet, directrice de la formation chez Carglass, animait une réunion où les responsables régionaux présents ne cessaient d’envoyer des e-mails en cachette. “Je les voyais pianoter sur leur PDA. Surchargés de travail, ils étaient incapables de décrocher.”A la réunion suivante, elle a donc posé un récipient rempli d’eau sur la table en disant: “Si je vois un portable, vous irez le récupérer au fond du bocal.” Les intéressés ont immédiatement compris l’importance de mieux déléguer leurs tâches avant de participer à ces rencontres. “Et mes réunions n’ont jamais fait plonger le chiffre d’affaires!” ajoute Patricia Millet.

L’humour permet enfin de désamorcer les conflits, plus fréquents en ces temps de crise où les susceptibilités s’exacerbent. Vos collaborateurs, craignant pour leur poste, peuvent se monter nerveux. En cas de dispute, ne prenez pas la chose à la légère. Donner l’impression que vous ridiculisez leurs sentiments ne ferait qu’aggraver la situation. Tentez plutôt d’apaiser la tension en écoutant les griefs des uns et des autres. Ils attendent avant tout une écoute bienveillante de votre part. Une fois l’agressivité évacuée, vous pourrez relativiser la portée de l’altercation avec le sourire. 

Transmettez le virus à vos collaborateurs

Mais si vous êtes le seul vouloir dégeler l’ambiance, vous allez vite vous épuiser. “Pratiquez la régulation humoristique, préconise Lionel Bellenger, et inviterz chacun à se joindre à la meute selon ses dispositions. S’il est impossible d’imposer des rôles humoristiques au sein d’une équipe, on peut en revanche encourager les timides et calmer les moqueurs.” Pour permettre aux managers de mieux faire connaissances à l’occasion des meetings, David Lamy, DRH chez Starbucks France, a un truc : “Je demande à chacun d’avancer deux vérités et un mensonge le concernant. Les autres doivent alors deviner quelle est la fausse propositions. Je commence pour lancer le mouvement. Cette méthode très simple instaure rapidement une complicité chez les participants.”

Chez Innocent, le fabricant de Smoothies, au coude à coude avec Tropicana sur le marché français, les dix-huit jeunes salariés de la filiale hexagonale ont besoin d’exutoires. “Nous plaisantons beaucoup entre nous, parfois sans grande finesse, admet Sophie Botin, la directrice marketing. Mais chacun sait rester à sa place.” En réunion, la “boîte à meuh” est ainsi à la disposition de tous pour interrompre quiconque monopolise la parole.

Fixez-vous certaines limites à ne pas franchir

Vous avez le sentiment d’être drôle? Mais êtes-vous sûr que ce soit pour les bonnes raisons? D’après les recherches du professeur de psychologie de l’Université de Floride, Tyler Stillman, 9 employés sur 10 s’esclaffent lorsque leur supérieur hiérarchique lance un calembour, même s’ils le jugent mauvais. Ce « rire social » ne permet pas de faire redescendre la pression. 

Et si votre humour fait mouche, veillez à ce qu’il demeure constructif et à ne pas tomber dans le sarcasme. “L’ironie est une arme qui peut blesser. Les managers doivent la proscrire”, avertit Luc de Branbadère, vice-président de Boston Consulting group et auteur d’une savoureuses “Petites Philosophie des histoires drôles” (Eyrolles).
Faire de l’esprit au dépens des autres est une tendance très française, mais qui peut vous attirer des haines tenaces. Proscrivez les allusions au physique et les références aux origines ou à l’appartenance religieuse, qui vous pénaliserait à coup sûr. Coluche avait finalement assez bien défini la limite à ne pas franchir: “tant qu’on fait rire, c’est des plaisanteries. Dès que ce n’est pas drôle, c’est des insultes…”

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